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SORTIR LA FRANCE DE L'IMPASSE : le dernier livre de Jean-Pierre Chevènement, sortie le 5 octobre 2011.

sortir_la_france_de_l__impasse.jpgLes choix politiques (dérégulation, monnaie unique) effectués dans les années 1980-1990 ont mis la France dans une redoutable impasse. Peut-on faire confiance, pour nous en sortir, aux idéologues qui nous ont fourvoyés ?

La crise de l’euro résulte de son vice initial de conception. Elle est devant nous. L’Allemagne détient la clé, mais sait-elle ce qu’elle veut ? Et la France, là-dedans, que veut-elle ?

Jean-Pierre Chevènement montre comment remettre le Peuple français debout. Il propose ensuite à la France deux scénarios de sortie de crise pour construire une « Europe européenne », maîtresse de son destin dans le siècle qui vient.

Jean-Pierre Chevènement a été l’un des refondateurs du Parti socialiste d’Epinay (1971) et un artisan de l’union de la gauche. Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000, il est aujourd’hui sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC). Il entend peser dans la campagne présidentielle de 2012.

L'UNIVERSITE D'ETE DU MRC AURA LIEU A CARROS DANS LES ALPES-MARITIMES!

ue-carros-2011.jpg Les 3 et 4 septembre prochains, notre fédération départementale aura l'honneur d'accueillir l'université d'été du Mouvement Républicain et Citoyen, intitulée : "le contrat républicain pour une nouvelle prosperité". A quelques mois de l'élection présidentielle, nos débats permettront de pointer les enjeux principaux d'une alternance politique réelle en 2012. Retrouvez ici le programme, le bulletin d'inscription et toutes les informations pratiques relatives à cet évènement à ne pas manquer.

2012 : CHEVENEMENT ASSURE QU'IL SERA CANDIDAT ET L'OFFICIALISERA A L'AUTOMNE

JPC3.jpg Dépêche AFP, 4 mai 2011, 12h56.

Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, 72 ans, a assuré mercredi sur Europe 1 qu'il serait candidat à la présidentielle, ajoutant auprès de l'AFP qu'il officialiserait cette décision à l'automne.

Interrogé sur ses intentions pour 2012, il a déclaré sur Europe 1: "Pour ma part, je serai candidat pour faire bouger les lignes."

Joint par l'AFP dans la matinée, l'ancien ministre de l'Intérieur a précisé: "j'officialiserai ma décision à l'automne".

"J'ai précisé que ma candidature aurait pour objet de faire bouger les lignes car je considère qu'aujourd'hui, la perspective de la régression dans laquelle nous enferme le pacte de compétitivité Merkel-Sarkozy n'est récusé par personne", a t-il poursuivi.

Interrogé la semaine dernière, M. Chevènement avait déclaré : "J'y réfléchis de plus en plus, et je trouve qu'en l'absence d'offre alternative, la nécessité d'une candidature apparaît de plus en plus comme une nécessité inéluctable".

Sur Europe 1, il explique avoir désormais "l'intuition" que Martine Aubry "n'ira pas" à la primaire socialiste. "Je pense que Dominique Strauss-Kahn a pris sa décision à l'heure qu'il est. Donc si j'ai un pronostic à formuler, c'est qu'effectivemet il sera candidat".

Or le sénateur souverainiste n'a pas caché qu'il avait de nombreux désaccords avec le patron du FMI. "Sa vision de l'Europe comme une nation à construire me paraît irréaliste", a-t-il dit, critiquant aussi "sa conception économique telle qu'on la voit se manifester à travers des plans d'ajustement extrêmement sévères, par exemple sur le Portugal".

Candidat à la présidentielle de 2002, Jean-Pierre Chevènement avait été accusé par une grande partie de la gauche d'avoir contribué à faire perdre Lionel Jospin, qui avait été éliminé de la compétition dès le premier tour, arrivant derrière Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen.

Jean-Pierre Chevènement avait alors recueilli 5,33% des suffrages.

CANTONALES DANS LES ALPES-MARITIMES: ABSTENTION ET VOTE FN SONT LES TRISTES VAINQUEURS DU SCRUTIN

logo_MRC_06.jpg L’abstention massive et les scores importants réalisés par les candidats du Front National sont les deux réalités nationales accentuées encore dans notre département.

Quant à l’UMP, dont l’implantation solide dans les Alpes-Maritimes l’empêche de connaître ici la défaite que ce parti connaît au plan national, il n’emporte l’adhésion que d’un faible pourcentage des inscrits.

Dans notre département, le relèvement, à 12,5% des électeurs inscrits, du seuil nécessaire au maintien au second tour, évite confortablement à la droite plusieurs triangulaires.

L’immense abstention et la nette progression du Front national sont très révélateurs de la désorientation et de la colère d’un très grand nombre de nos concitoyens des couches populaires et moyennes, qui ne croient plus à la possibilité d’une amélioration de leur quotidien par l’action politique.

C’est la vraie responsabilité de la gauche à l’horizon 2012 : celle de bâtir une alternative républicaine crédible plutôt que de se laisser griser au plan national par le rejet de la politique de Nicolas Sarkozy.

C’est aussi de cette alternative crédible nationale que dépend l’avenir de la gauche dans les Alpes-Maritimes.

Pour le second tour, conformément à la tradition républicaine, le MRC 06 appelle au rassemblement de la gauche derrière ses candidats encore en lice, et à faire barrage par le vote au Front National lorsqu’il est présent au second tour.

Ladislas POLSKI Président départemental du MRC Conseiller régional, Conseiller municipal de La Trinité

ACCORD MRC-PS POUR LES CANTONALES DANS LES ALPES-MARITIMES

logos_mrcps.jpg Les Fédérations du Parti Socialiste 06 et du Mouvement Républicain et Citoyen 06, dans le prolongement d’une coopération initiée au moment des élections municipales de 2008, et des élections régionales de 2010, ont décidé de conclure un accord électoral pour les élections cantonales de mars 2011. Cet accord s’inscrit dans une stratégie de rassemblement de la Gauche et des républicains, nécessaire pour contester l’hégémonie de l’UMP dans ce département, et poursuivre la dynamique de victoire née lors des dernières élections régionales.

En conséquence:

Le Parti socialiste soutiendra la candidature de Lucien PONS dans le Canton de Puget-Théniers

Le MRC soutiendra les candidats socialistes dans les autres cantons renouvelables

UNIVERSITE D'ETE DU MRC : DISCOURS DE CLOTURE DE JEAN-LUC LAURENT

JLLAURENT.jpg Cette année, notre université d’été s’est affranchie de certains usages. En témoigne ce discours de clôture qui n’intervient pas en clôture mais… en lever de rideau de cette matinée du dimanche ! François Hollande arrive vers 11H et nous avons jugé souhaitable de ne pas vous imposer un horaire de fin trop tardif. Je sais que beaucoup d’entre vous sont venus de loin parmi les 250 à 300 participants que vous êtes.

Un mot d’abord de remerciement à nos camarades de la Drôme et de l’Ardèche, et au premier rang desquels notre ami Gérard Boucher, maire–adjoint de Valence, qui a été l’organisateur de cette université d’été. Mes remerciements vont également de manière appuyée à toi, chère Catherine, pour la spontanéité qui fut la tienne lorsque nous avons sollicité des fédérations pour l’organisation de cet événement. Grâce à vous deux et à l’équipe des militants votre fédération, nous avons pu jouir d’une organisation de grande qualité. Après l’Université d’été de Toulouse de 2009, il n’était pas facile de relever le défi. Vous avez su le faire de très belle manière car, comme chacun sait, organiser ce type d’événement demande une implication particulière, une motivation supplémentaire. C’est aussi par et à travers vous que le MRC est dignement représenté dans la Drôme et en Ardèche.

La tenue de notre Université d’été ici a une autre raison : l’inacceptable reniement de l’accord pour les régionales où Catherine Coutard et les autres candidats MRC ont été relégués par le président de région, ce qui nous a conduits à un retrait pur et simple. Notre présence vaut détermination.

Valence, Valencia en latin, cela veut dire la Vaillante, la Vigoureuse. Sous cet auspice, l’Université d’été du MRC est bien placée : le MRC n’a jamais manqué ni de vaillance, ni de vigueur.

Je veux remercier le maire de Valence, Alain Maurice, qui a su faciliter notre venue et qui nous a accueillis en partenaires et en amis, ici, aux portes du Midi.

Je veux saluer et remercier plus particulièrement nos intervenants d’hier : Alain Cotta, Jean-Pierre Gérard, Laurent Pinsolle, Jean-Michel Quatrepoint et Pierre-Alain Weill pour les intervenants du dehors, et Etienne Butzbach, Bruno Moschetto, Yves le Hénaff, Julien Landfried, Patrick Quinqueton, Marie-Françoise Bechtel pour les intervenants du dedans, c’est-à-dire du MRC, selon l’expression de Bastien Faudot. Merci enfin et surtout à Bastien Faudot qui a la responsabilité de notre université d’été. 2010 est un excellent cru.

Le thème de l’Université d’été s’est imposé à nous comme une évidence. Une évidence politique, une évidence sociale, une évidence intellectuelle aussi. La crise est peut-être moins présente dans les médias qu’elle ne le fut au cours des deux dernières années, cela ne signifie pas qu’elle l’est moins dans la réalité, bien au contraire.

I) Avec la crise, la France doit reprendre en main son destin Au lendemain de l’épisode douloureux des subprimes, qui avait vu les puissances publiques intervenir directement pour sauver la finance, les banques, et donc aussi les épargnants, n’avait-on pas déjà entendu quelques esprits impatients un peu trop prompts à célébrer les miracles de la relance, à chanter le retour de la croissance ?

La crise grecque au printemps dernier aura eu l’effet d’une douche écossaise pour ceux qui pensaient en avoir terminé avec les turbulences. Il aura fallu là aussi l’engagement des puissances publiques pour rasséréner les exigences croissantes des marchés. Qui aurait cru hier que les Etats seraient un jour suspendus, accrochés au bon vouloir d’agences de notation privées, qui se sont mises en situation de faire la pluie et le beau temps sur le marché de la dette ? De ce point de vue, je glisse une piste qui me paraît essentielle pour l’avenir : n’y a-t-il pas nécessité à restructurer la dette pour la renationaliser ? C’est une piste pour se débarrasser de la tutelle des fameuses agences de notation et reconquérir ainsi notre autonomie.

Mais à nouveau, l’accalmie semble être revenue. Pour un temps, car le mal est plus profond. Je ne veux pas jouer ici les Pythie ou les Cassandre, mais il importe d’être lucide pour prendre la mesure des défis que nous aurons demain à relever.

Je ne veux pas non plus vous assommer de chiffres mais il y a des signes qui ne trompent pas. Il suffit de conserver en mémoire les chiffres donnés hier et les statistiques publiées par l’INSEE ces derniers mois pour prendre le pouls de ce qu’on appelle pudiquement « la conjoncture ». Celle-ci se révèle d’une grande fébrilité : - Le chiffre d’affaire de l’industrie manufacturière a baissé de 0,5% en juin ; - Augmentation des défaillances d’entreprises de +3,3% au printemps ; - Les créations d’entreprises ont baissé de -23% hors auto-entrepreneurs en juillet dernier ; - Les immatriculations de véhicules ont baissé de 5% en juillet ; - Après une récession d’environ 2% en 2009, les prévisions de croissance en 2010 oscillent entre 1 et 1,5%, ce qui est tout-à-fait insuffisant pour faire face à la dette de l’Etat, à l’insolvabilité des ménages et au chômage notamment de longue durée.

Ce ne sont pas là ce que l’on pourrait appeler les signes manifestes d’une reprise. Ce sont ceux d’une préoccupante stagnation. Ce constat doit être croisé avec une évolution historique au long cours : - La balance commerciale est structurellement déficitaire depuis 7 ans en France : les parts de marché de la France ont réduit d’1/3 en 10 ans. - Le taux de chômage est repassé au-delà des 10% depuis le printemps selon l’OCDE - Le nombre d’emplois dans l’industrie a chuté de 5,5 millions à 3,5 millions en 30 ans dont 500 000 emplois perdus depuis 2000 comme nous l’a rappelé hier Jean-Michel Quatrepoint. - La dette publique atteindra 80% du PIB à la fin de l’année 2010. La cour des comptes a anticipé le chiffre de 100% du PIB pour 2013 ! - La zone euro est une zone atone en termes de croissance depuis sa conception avec des moyennes qui plafonnent à 1 ou 1,5% depuis sa création.

Je fais ce bref énoncé parce que nous avons un devoir de vérité. Ce devoir de vérité n’est pas le produit d’une visée morale. C’est la première condition pour comprendre aujourd’hui et pour agir demain. Face à ce dérèglement généralisé, la France est confrontée à une réalité historique rugueuse. Les tables rondes d’hier ont permis d’en prendre la mesure. Car la gravité de la situation doit être considérée pour elle-même : cette crise est le produit d’une histoire. Elle n’est pas apparue par l’opération du Saint-Esprit ! - Cette crise est le résultat d’une économie où la production de richesses réelles a été de plus en plus subordonnée aux valeurs virtuelles. Lorsque le soufflé retombe, ces dernières entraînent les premières dans leur chute. - Elle est le résultat de choix politiques qui ont livré la force de travail de nos salariés à la concurrence déloyale des pays à très bas coûts. La déréglementation et l’abattement des frontières, hier perçus par certains comme une cause généreuse et sacrée, a désormais produit ses effets funestes. - Elle est enfin le résultat d’une doctrine inconséquente, a-politique par essence, qui a connu une renaissance puissante à la fin des années 70 : le spontanésime de la main invisible d’Adam Smith. Le libéralisme est d’abord une théorie d’une naïveté confondante. Le système économique s’effondre en partie par la vacance du pouvoir, par l’abandon du politique. Depuis Rousseau pourtant nous savons bien que ce n’est pas la somme des intérêts particuliers qui constitue l’intérêt général.

L’enjeu, pour la France, c’est d’abord de reprendre en main son propre destin. Il est un rendez-vous politique qui doit pouvoir servir de levier pour cela : la prochaine élection présidentielle et bien sûr dans la foulée, les élections législatives.

II) La gauche a besoin de mettre ses idées au net pour réussir vraiment Pour se hisser à la hauteur de l’enjeu en 2012, la gauche doit se concentrer sur l’essentiel : l’analyse de la crise, de ses tenants et de ses aboutissants. Car cette crise est aussi un moment décisif, elle va remodeler les rapports sociaux, économiques mais aussi internationaux sur le long terme.

Depuis le début de cette crise, le MRC, fidèle à sa méthode, a privilégié le travail d’analyse et a mis sur le métier un corpus de propositions. Ces 40 propositions que notre congrès de juin a adoptées, ont été rassemblées dans ce que nous appelons le « Programme de Salut public ». Ce programme de Salut public, c’est la volonté d’instituer une main très visible qui doit organiser la vie sociale, le monde du travail et la vie économique. L’autorégulation est une théorie de charlatan au service du droit du plus fort.

Depuis la déconvenue des subprimes, nous avons entendu des appels vibrants à la moralisation du capitalisme financier. Mais le capitalisme financier n’a pas besoin de morale ! Le capitalisme financier a besoin de règles, de contraintes, d’un encadrement stricte pour délivrer les citoyens, les salariés, les ouvriers du double étau dans lequel ils ont été placés : l’étau de la contrainte actionnariale et l’étau de la contrainte concurrentielle.

La gauche a, de ce point de vue, un double objectif qui doit animer son ambition et son projet pour 2012: libérer l’économie de production des injonctions de rendement de la finance, remettre sur pieds un système concurrentiel loyal. En deçà de ces exigences, elle ferait fausse route. Ce sont les deux obsessions qui doivent conduire son action sur le plan économique.

Jean-Pierre Chevènement l’a dit à la fête de la rose à Frangy-en Bresse cet été : pour la gauche, la question ne se réduit pas à la victoire en 2012. Plus encore, la gauche a le devoir de réussir si elle l’emporte en 2012. Et pour réussir, elle doit changer de braquet, se délivrer de la logique sociale-libérale et des vieilles recettes sociales-démocrates qui sont obsolètes.

Ayons un langage d’exigence et de vérité : la gauche court le risque de retomber dans ses errements chroniques. La question posée par cette crise est autrement plus considérable que les turpitudes de M. Woerth et les extravagances de Mme Bettencourt. Il ne s’agit pas de les minimiser : les accusations portées sont graves et méritent d’être évaluées. Mais la gauche n’a pas à découvrir la lune !

Au MRC, nous ne découvrons pas la République et ses valeurs au premier rang desquelles figurent la rectitude, le désintéressement et l’intérêt général.

La gauche doit proposer un projet alternatif. Pour cela, la gauche a besoin de mettre ses idées au net sur la nation, la place de la France en Europe, les réponses à la crise de l’euro et à la globalisation financière. La gauche n’a pas aujourd’hui de projet partagé pour gagner et réussir vraiment.

L’antisarkozysme un danger incalculable. D’abord parce que la question posée n’est pas celle de sa personne, mais celle de l’orientation politique qu’il incarne, et de la pratique du pouvoir qu’il exerce depuis plus de trois ans. La gauche doit en un mot, se mettre hors de portée et faire la différence sur le fond.

Cet été, M. Sarkozy a multiplié les provocations et son cabotinage de mauvais goût auprès de l’électorat d’extrême droite semble ne plus avoir les effets escomptés. Pour l’heure, la gauche semble avoir réussi dans les grandes lignes à ne pas tomber dans le piège qui lui avait été tendu. Mais on sent la tentation qui peut être la sienne à se draper de vertu, à faire montre d’indignation et se réfugier dans une surenchère inutile. Sur la question des Roms, sur celle de l’insécurité, seul un discours républicain charpenté, articulé, lui permettra de répondre sur le fond, sans rien céder aux provocations. Le problème du Président de la République, à la différence de tous ses prédécesseurs, c’est qu’il rentre systématiquement dans une logique de dislocation du corps social en désignant à la vindicte telle ou telle catégorie de citoyens ou de résidents de notre pays.

A l’image du président, depuis plusieurs mois, le gouvernement s’égare. En juin, Mme Bachelot témoigne en Afrique du Sud qu’elle a arraché quelques larmes aux joueurs de l’équipe de France, en juillet M. Woerth s’explique à distance avec la famille Bettencourt, en aout M. Hortefeux se fait taper sur les doigts par le pape et puis, et puis, l’inénarrable M. Kouchner fait part de ses états d’âme et se contorsionne pour expliquer qu’il aurait bien aimé démissionner, qu’il était vraiment à deux doigts de le faire, laissant entendre que si ça continue, la prochaine fois peut-être…. Mais M. Kouchner, on ne brandit pas une démission. Dans la vie politique, on démissionne ou on se la ferme ! Preuve que ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins.

Cette séquence gouvernementale nous plonge au royaume d’Ubu !

La République mérite un autre destin. Face aux enjeux déterminants auxquels cette université d’été s’est très largement consacrée, la gauche va devoir faire preuve de ténacité, d’imagination et de suite dans les idées.

Pour 2012, la gauche aura besoin d’une pointe saillante et avancée à la proue du navire. Le MRC, par la qualité historique des orientations qui ont toujours été les siennes sera incontournable : sur la question industrielle, sur la croissance, sur les relations internationales, sur l’école, sur la laïcité, sur la sécurité, nous avons le privilège de l’antécédence. Nous avons aussi celui de la continuité.

Ce privilège de l’antécédence ne doit pas nous transformer en donneur de leçons. Nous avons toujours privilégié l’analyse et le débat afin de définir un projet solide et sérieux. C’est ce que nous faisons et allons développer dans les mois qui viennent avec les partis de gauche et avec les citoyens directement.

Jean-Pierre Chevènement a répondu à l’invitation d’Arnaud Montebourg voici 2 semaines. Il échangera dans un instant avec l’ancien premier Secrétaire du parti socialiste François Hollande, que je veux remercier chaleureusement d’avoir accepté notre invitation. Nous irons ensuite rencontrer Martine Aubry dans une dizaine de jour. Chacun d’entre eux connait notre tempérament, nos convictions et la place essentielle que nous faisons pour l’argument et la raison.

Certains doutent de notre décision de ne pas participer aux primaires socialistes. La question m’est posée régulièrement. Soyons clairs : du point de vue du MRC, le processus des primaires – réduites à des primaires socialistes êt avec un arrangement – est mort-né. Je m’explique : si l’objet réel de ces primaires était d’obtenir automatiquement le label républicain pour le futur candidat socialiste, il n’était tout simplement pas question d’offrir notre caution sans qu’une étape préalable de réflexion et de débat sur le fond, puis un projet commun n’ait eu lieu.

Fort de son projet, du programme de Salut public auquel il travaille depuis plus d’un an, le MRC a donc décidé de porter, de soutenir une candidature républicaine pour 2012. L’espace politique existe : il mérite d’être développé, agrandi, pour que notre message soit porté à la connaissance de tous les Français. Nous avons un an pour faire bouger les lignes. Si nous sommes capables de nous porter vers l’avant, l’égalité républicaine, la puissance publique sera le recours dans cette période troublée où les repères sont malmenés.

Jean-Pierre Chevènement a pris ses dispositions pour être prêt si la situation l’exige. François Hollande a fait connaître sa possible candidature dans le cadre des primaires. C’est donc un débat entre deux présidentiables qui va clôturer cette université d’été dans un instant.

Preuve que le MRC se tourne tout entier pour préparer les rendez-vous de 2012, qu’il compte bien peser dans le débat et prendre toute sa part au combat !

UNIVERSITE D'ETE DU MRC : INTERVENTION DE JEAN-PIERRE CHEVENEMENT

Valence, dimanche 5 septembre 2010.

Je suis heureux, en conclusion de notre Université d’été, de pouvoir ouvrir le débat avec François Hollande avec lequel j’ai toujours entretenu des relations amicales et sympathiques, et qui n’est pas seulement un homme politique expérimenté et avisé, étant donné les responsabilités qu’il a exercées durant dix ans à la tête du parti socialiste, mais un homme qui réfléchit et qui, sans céder sur ses fondamentaux réformistes, peut procéder à des inventaires qui conditionnent l’avenir, parce qu’il permettent de bouger et d’évoluer.

Or, la gauche pour gagner vraiment, c’est-à-dire pour réussir, doit bouger impérativement. Il faut faire « bouger les lignes » ; telle a été la conclusion de notre dernier Congrès, les 26 et 27 juin derniers.

Nous avons, François Hollande et moi, des points d’accord, par exemple la nécessité d’une réforme de la fiscalité des revenus fusionnant l’IRPP et la CSG de façon à associer justement tous les Français à l’effort nécessaire, si nous voulons non seulement réduire les déficits, mais marquer nos priorités dans le domaine de l’éducation notamment et de la jeunesse. Nous avons - ou en tout cas nous avons eu – des points de désaccord, notamment sur l’Europe et par conséquent sur la nation, et par conséquent sur l’indépendance nationale sans laquelle on ne peut exercer les effets de levier nécessaires.

François Hollande a affirmé une haute ambition parfaitement légitime : celle de devenir Président de la République en 2012. Il m’est arrivé de dire qu’on ne naissait pas homme d’Etat mais qu’on pouvait le devenir. Simplement, pour devenir Président de la République française, il faut aussi s’identifier pleinement à la France. Le moment d’un débat de fond est venu. J’aurais souhaité qu’il puisse être abordé dans une autre configuration, avec la constitution, au lendemain de la présidentielle de 2007, d’un grand parti de toute la gauche. Cette ambition que nous avions faite nôtre à notre Congrès du Kremlin-Bicêtre de 2008 s’est heurtée au conservatisme des structures politiques de la gauche. Je l’ai regretté. Nous abordons donc l’échéance de 2012 en ordre dispersé. Ce peut être un avantage si le débat permet de faire bouger les lignes.

Et ce qui n’a pas été possible au lendemain de 2007 le sera peut-être en 2012 avec les socialistes, les communistes, les radicaux, les citoyens, et peut-être avec ceux des Verts qui n’ont pas renié l’héritage des Lumières, les Verts lumineux, qu’on pourrait aussi appeler les Verts luisants. C’est le fond qui est déterminant. Nous devons incarner le grand parti de progrès, en lutte contre l’obscurantisme, avec le projet que nous avons développé hier de refaire de la France une grande puissance industrielle et technologique.

I – Tout d’abord, je voudrais dire amicalement à François Hollande que la rigueur, sans doute nécessaire, ne peut être une perspective politique.

1. il ne suffit pas non plus d’y ajouter quelques réformes comme l’avait fait la gauche plurielle.

2. La France vit une profonde crise morale qui est aussi une crise politique de longue durée, une crise nationale entamée dès la fin de la première guerre mondiale. Il faut remédier à cette crise de sens, dire à la France à quoi elle sert et aux Français ce qu’ils sont, c’est-à-dire des citoyens qui doivent témoigner, dans un monde qui paraît voué aux communautarismes et aux intégrismes, de l’universalité des valeurs républicaines.

3. Parallèlement, nous vivons la crise du capitalisme financier mondialisé. Cette crise n’est pas derrière nous : la conjonction des plans de rigueur dans la zone euro ne peut déboucher que sur une nouvelle récession ou, au mieux sur une stagnation de longue durée.

a) Les marchés ne se sont pas révélés plus forts que les Etats. C’est justement aux Etats de faire prévaloir leur légitimité qui est celle des peuples et de la démocratie. Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la substance et la permanence de l’Histoire. Cela il faut le dire : c’est un choix politique essentiel. Il faudra reréglementer et recompartimenter les marchés.

b) La crise aussi bien reste devant nous parce que les déséquilibres macroéconomiques et politiques qui l’ont engendrée n’ont pas été résorbés, bien au contraire, par les plans de refinancement ou de relance, qui ont simplement déplacé la dette du privé vers le public.

c) Cette crise est une crise mondiale, née de la déflation salariale, elle-même conséquence de la pression exercée par les pays à très bas coût, déflation salariale qui a conduit à l’endettement généralisé, et d’abord aux Etats-Unis, des ménages, des entreprises et des Etats.

d) Cette crise n’a été rendue possible que par la création d’un monde décompartimenté et notamment en Europe, en vertu de l’Acte Unique et des trois cents directives d’application qui ont libéré les mouvements de capitaux et déréglementé l’économie. C’est cela qui a permis la dictature de l’actionnariat, l’extension démesurée de la sphère financière, et le creusement d’inégalités abyssales entre les rentiers de la finance et le monde du travail laissé sans défense devant les délocalisations industrielles.

e) On ne peut pas faire face à cela par une simple réforme fiscale. Il faut re-réglementer, mais de façon cohérente, entre l’Europe et les Etats-Unis d’Obama. Les mesures de régulation Volcker doivent être reprises et durcies au niveau européen.

f) La crise est aussi géopolitique : les Etats-Unis, depuis trop longtemps, ont vécu au-dessus de leurs moyens. Nous devons aider Obama à remettre les pendules à l’heure. La ré-industrialisation nécessaire des Etats-Unis et de l’Europe peut-elle faire l’économie de protections sectorielles dans les industries que nous voulons préserver ou développer ? Cela dépendra beaucoup de la Chine, de sa capacité à relancer sa demande intérieure, et bien sûr de la fixation de normes sociales, environnementales et commerciales plus justes, sans parler de la réorganisation du système monétaire international, instaurant des parités ordonnées entre les quatre grandes monnaies mondiales. Nous ne pouvons en aucun cas accepter un euro surévalué qui asphyxierait ce qui reste de l’industrie française.

II – Il nous faut organiser l’Europe comme une zone de croissance à l’échelle mondiale et ne pas nous résigner à la stagnation et au déclin.

C’est possible sur la base d’un nouveau modèle de croissance mettant l’accent sur la transition énergétique, l’éducation, la science et la technologie appliquées notamment aux domaines de l’énergie, des transports et de la mobilité, de la santé, et bien sûr la volonté de promouvoir un modèle social fondé sur la solidarité.

Cette Europe implique d’autres règles du jeu que celles élaborées par l’Acte Unique et les traités de Maastricht et de Lisbonne. Ces traités sont complètement dépassés.

Il faut ouvrir le débat : - Sur une initiative de croissance européenne mettant fin notamment à la déflation salariale et finançant par un grand emprunt européen un plan d’infrastructures. - Sur un gouvernement économique de la zone euro, incluant l’ensemble des paramètres économiques et pas seulement budgétaires. L’objectif doit être de résorber les déséquilibres internes à la zone euro, autrement que par la conjugaison de plans de rigueur insoutenables et dont l’effet ne peut être qu’une récession généralisée et l’éclatement de la zone euro. - Il faudra modifier les statuts de la Banque Centrale européenne pour introduire la croissance et l’emploi parmi ses missions.

Je ne m’étendrai pas sur les quarante propositions de notre programme de salut public. Dix d’entre elles concernent le redressement de la construction européenne : développement des coopérations renforcées à géométrie variable entre les Etats – plan d’indépendance énergétique et d’équilibre écologique – agriculture orientée vers la sécurité alimentaire – régime propre des services publics – protection commerciale de notre modèle de développement – alliance sans subordination avec les Etats-Unis – partenariat resserré avec la Russie – refondation de nos relations avec la Turquie.

L’évolution de l’Europe nous conduit vers plus de coopération intergouvernementale. C’est inévitable et c’est une bonne chose pour la démocratie et pour l’efficacité. Il faut abandonner « l’Irrealpolitik européenne », comme dit Hubert Védrine, délaisser les chimères fédéralistes, alibi de l’impuissance, aller vers des coopérations à géométrie variable et vers une ouverture de ces politiques à la Russie et à la Turquie.

J’ai cru noter une évolution de François Hollande de l’Europe à vingt-sept vers la zone euro à seize. Je partage ce point de vue mais il pose le problème de ce que veut l’Allemagne.

III – La politique allemande doit être analysée.

Il serait trop facile d’imputer les difficultés actuelles au tempérament de Nicolas Sarkozy. L’Allemagne est aujourd’hui la puissance qui impose ses choix et sa philosophie ordo-libérale à l’Europe (Mme Merkel parle de « culture de la stabilité »). En fait, la déflation salariale pratiquée depuis 2000 a creusé l’écart avec les autres pays de la zone euro, notamment les pays de l’Europe du Sud.

La politique de rigueur que l’Allemagne impose à la zone euro est excessive. Elle risque d’ailleurs de se retourner contre l’Allemagne. Il faut trouver un compromis avec l’Allemagne, entre la nécessaire responsabilité des Etats et la solidarité financière entre les pays membres de l’euro. On ne peut espérer une solidarité telle que celle qui existe au sein de chaque pays. L’Europe reste faite de nations. Mais on peut imaginer des émissions de bons européens et surtout un rôle actif donné à la BCE pour lutter contre la spéculation. Nous ne devons à aucun prix nous enfermer dans un tête à tête mortifère avec l’Allemagne au sein d’une zone euro réduite à un noyau dur. Mieux vaut préparer un « plan B » qui serait le retour à une monnaie commune qui pourrait continuer à s’appeler l’euro avec des parités ajustables pour des monnaies nationales recréées au sein d’un système monétaire européen bis.

Pas de fuite en avant dans l’irreal politik européenne comme celle consistant à offrir à l’Allemagne de partager notre siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. D’abord parce que les autres n’en seraient pas d’accord. Ensuite parce que nous n’avons pas les mêmes conceptions en matière de politique étrangère sur le Moyen-Orient et l’Afrique notamment, et sur la défense, et en particulier sur le domaine nucléaire. Enfin, parce que la priorité n’est pas là : elle est sur le terrain économique et monétaire d’abord.

Un peu de sens de l’Etat, à la veille d’une élection présidentielle, ne peut pas nuire.

IV – La géographie et l’Histoire confèrent à la France une responsabilité particulière.

La France est nécessaire à l’équilibre de l’Europe dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même.

La France n’est pas n’importe quel pays.

Elle doit préserver des marges de manœuvre : - vis-à-vis de l’Allemagne – sur la relance et le cours de l’euro ; - vis-à-vis des Etats-Unis – sur la régulation et la réforme du SMI ; - vis-à-vis de la Russie – sur l’énergie, le développement et la paix ; - vis-à-vis de la Chine – sur la concertation économique et monétaire et sur un partenariat responsable.

L’Europe peut et doit prolonger l’action propre de la France. Mais celle-ci ne doit pas être démobilisée. Elle reste notre avenir. Il faut changer le mode d’emploi des institutions européennes et savoir d’abord ce que la France veut.

V – La France doit faire vivre le modèle républicain qu’elle a si fortement incarné depuis deux siècles en Europe et dans le monde.

Elle doit contribuer à organiser la résilience de l’Europe à l’échelle mondiale, en préservant notre modèle républicain, à la fois civique et social. Et bien sûr, la première urgence consiste à le faire vivre en France même où la droite contribue à le fragiliser par des initiatives provocatrices qui visent à nous entrainer sur le terrain qu’elle a choisi pour 2012 : la sécurité.

Pour mettre la France à la hauteur des défis qui sont devant nous, la gauche doit faire bouger les lignes à l’intérieur d’elle-même. Elle doit incarner le pôle républicain de la vie politique française, face à une droite post-républicaine ou peut-être tout simplement réactionnaire, revenue à des conceptions d’avant 1789.

La gauche doit offrir un avenir à la France et à sa jeunesse et pas simplement un futur !

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