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Citoyenneté - Laïcité

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APPEL : POUR UNE VIGILANCE REPUBLICAINE

r_pu_rouge.jpg "Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.

- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.

Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République".

Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle Dominique de Villepin, ancien Premier ministre Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes François Bayrou, ancien ministre, député des Pyrénées-Atmantiques Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre Corinne Lepage, ancien ministre Nicolas Dupont-AIgnan, député de l'Essonne Bertrand Delanoë, maire de Paris Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher Nöel Mamère, député de la Gironde Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis Marielle de Sarnez, conseillère de Paris André Gérin, député du Rhône Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gauliennes

CHOC DES CIVILISATIONS OU DERIVATIFS DE CHOC?

Allocution de Georges SARRE Réunion publique du CLUB LAICITE

Jeudi 4 mai 2006

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Depuis une dizaine d’années, depuis que l’universitaire américain Samuel Huntington a publié son livre au titre en français sans équivoque, « Le choc des civilisations », ce thème est peu à peu devenu trop souvent une grille de lecture et d’interprétation des évènements du monde. Les attentats du 11 septembre 2001 ont semblé donner du crédit à cette thèse. Et, incontestablement, la guerre menée en Irak depuis trois ans l’a confortée. Mais, au-delà des apparences et des évidences trop faciles, qu’en est-il réellement ? Existe-t-il une confrontation entre d’une part une civilisation, qui serait occidentale, et d’autre part une religion qui serait par nature plus islamiste qu’islamique ? Des deux côtés, certains voudraient nous le faire croire. Les fondamentalistes chrétiens et les intégristes musulmans, sans compter quelques littéralistes juifs, se nourrissent respectivement de cette vision de l’histoire et s’alimentent mutuellement de leur opposition qui, bien qu’irréductible dans la vie quotidienne, se ressemble tellement dans le ciel des idées.

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UN MODELE DE VIVRE-ENSEMBLE

Le modèle républicain français n’a jamais été aussi moderne : face à la menace des communautarismes, fragmentations dangereuses de la société française, sur fond de tensions mondiales importantes, la laïcité doit permettre à tous les citoyens français de vivre ensemble, en mettant en avant, dans l’espace public, ce qui les rassemble : leur appartenance à la même Nation citoyenne.

La laïcité permet à chacun, bien sûr, dans la sphère privée, de croire ou de ne pas croire, en la religion de son choix, et de pratiquer ou non. Il n’y a pas de "laïcité ouverte" ni de "laïcité fermée" : la laïcité permet la liberté de conscience et de culte, mais aussi la définition d’une conscience collective et d’un intérêt général pour tous les citoyens. C’est donc l’application stricte du principe de laïcité (notamment l’interdiction des signes religieux à l’école), qui est le meilleur gage de respect des libertés individuelles et le meilleur garant de l’émancipation individuelle et de la citoyenneté.

La citoyenneté est au coeur du projet du Mouvement Républicain et Citoyen : face à la mondialisation libérale et à son cortège de régressions économiques et sociales, il faut ressaisir et redéployer les forces de résistance de la puissance publique. Celle-ci ne peut s’exercer que lorsqu’elle est exigée par les citoyens, dont elle tire sa légitimité. La citoyenneté suppose l’acquisitions de savoirs et de principes civiques grâce à une Ecole qui fait "le pari de l’intelligence" et donc de l’exigence. Elle suppose aussi que l’Ecole, mais aussi un service national, constituent le creuset d’un vrai collectif de citoyens, au-delà des différences et des particularités des individus. La citoyenneté suppose aussi des conditions matérielles de revenus, de logements, de santé... sans lesquelles l’émancipation individuelle et l’exercice du civisme sont rendus difficiles. La citoyenneté suppose le débat public, notamment grâce à des médias pluralistes de qualité. Elle suppose des élections qui soient de véritables choix pluralistes éclairés par des débats de fond. Elle suppose que les représentants du peuple exercent réellement la puissance publique face aux oligarchies nationale, européenne, mondiale, et notamment aux forces du capitalisme financier et aux intérêts communautaires...

Autant dire que la citoyenneté est une conquête, et pas un acquis. C’est la conquête de cette citoyenneté républicaine qui anime le Mouvement Républicain et Citoyen.