photo_lp_profil.jpg CONGRES DU MOUVEMENT RÉPUBLICAIN ET CITOYEN Paris, 15 décembre 2012. Intervention de Ladislas POLSKI

Chers camarades,

Le Mouvement Républicain et Citoyen fêtera dans un mois ses dix ans d’existence.

Dix années qui ne furent pas toujours roses… C’est que nos relations avec le parti de la rose, dont certains parmi nousautour de Jean-Pierre Chevènement furent parmi les principaux fondateurs, ne furent pas à l’image d’un long fleuve tranquille.

On a beaucoup dit que c’était le 21 avril 2002 que certains voulaient nous faire payer. Nous avons dépensé beaucoup d’énergie, trop d’énergie à expliquer pourquoi nous n’étions pas coupables de ce 21 avril. Or en réalité, ce n’était pas le 21 avril 2002 qu’on nous reprochait, mais plutôt le 9 septembre 2001, le jour du discours de Vincennes de Jean-Pierre Chevènement, ce discours qui aujourd’hui encore est d’une actualité criante.

Après 2002, notre chemin fut difficile.

En 2005 pourtant, le coup de semonce du NON au TCE nous remettait dans le jeu politique.

En 2007, le soutien apporté par nous à Ségolène Royal donnait une audience inattendue à nos thèses.

En 2008, Jean-Pierre Chevènement était élu sénateur avec le seul soutien du MRC.

La même année aux municipales, puis en 2010 aux régionales, nous parvenions à conforter nos positions locales.

En 2012, après une campagne « pédagogique » de Jean-Pierre Chevènement, qui aura permis de réaffirmer des fondamentaux et de jeter les bases d’un accord politique, nous avons apporté notre soutien « les yeux ouverts » à la candidature de François Hollande.

Les principe posés par lui au Bourget nous ont permis de mener les campagnes présidentielle et législative avec un enthousiasme sincère. L’accord électoral nous permet d’obtenir 3 députés aux côtés de notre sénateur. Quatre parlementaires donc, qui nous permettent d’être audibles, de raviver la petite flamme que nous avons entretenue difficilement durant ces dix dernières années.

Cette petite flamme, ce sont nos fondamentaux, rappelés dans la première partie de la motion d’orientation que nous présentons:

– la souveraineté populaire, indissociable de la souveraineté nationale;

– l’intérêt général au-dessus de l’affrontement des intérêts particuliers;

– l’autorité de l’Etat, garant de l’égalité entre les citoyens;

-l’Ecole, outil de la formation des citoyens par l’apprentissage de la Raison et de l’exigence laïque.

-les services publics, outils de la solidarité nationale;

-l’indispensable développement de l’économie productive qui permet la création de richesses, le nerf de la guerre pour nous donner les moyens de nos grandes ambitions.

Nos efforts pédagogiques de répétition de ces fondamentaux n’ont pas été vains.

Le gouvernement actuel en est imprégné à de nombreux égards:

-le caractère indispensable de la croissance, de la réindustrialisation a été intégré par le Président lui-même, et relayé par son ministre du redressement productif, il est au cœur du rapport Gallois et du pacte de croissance et de compétitivité;

-l’affirmation de l’autorité républicaine est bien portée par le Ministre de l’Intérieur;

-l’Ecole de la République se voit renforcée dans ses moyens.

Les observateurs comme les acteurs eux-mêmes reconnaissent que la pensée chevenementiste imprègne l’action de ces ministres, sans doute les plus visibles d’ailleurs au sein du gouvernement.

Bien sûr, le tableau n’est pas idéal : le grand saut d’une critique désinhibée de la construction européenne libérale n’est pas réalisé et c’est le principal reproche que l’on peut faire à François Hollande qui nous avait donné espoir en formulant, en tête de ses priorités, la réorientation de la construction européenne.

Peut-être a-t-il renoncé trop vite.

Dès lors, aurions-nous dû aussitôt nous retirer de la majorité? Nous retrancher immédiatement dans le confort de la protestation? Hurler à la hausse insuffisante du SMIC, à la hausse trop importante de la TVA, exiger la nationalisation immédiate de la sidérurgie?

Il est moins confortable d’assumer un soutien à la majorité. Ne nous laissons pas influencer par la fuite en avant contestataire . La radicalité stérile n’est pas notre culture. Nous sommes des républicains patriotes qui souhaitons le redressement du pays et non l’échec du gouvernement.

Il nous faut mettre notre logiciel au service de l’exercice des responsabilités, ne pas avoir peur du débat sur la compétitivité de nos entreprises, pousser par exemple la proposition de Jean-Pierre Chevènement d’une charte actionnaires-dirigeants-salariés pour aider les entreprises à renouer avec une vision du long terme.

Il nous faut utiliser le travail de nos parlementaires et le mettre en synergie avec les réflexions thématiques du secrétariat national afin de donner à nos positions davantage de visibilité.

Il nous faut augmenter notre nombre d’élus. C’est comme cela aussi que nous renforcerons notre réseau militant et donc là-aussi notre visibilité.

J’ai dit que notre mouvement avait dix ans, car je n’ai connu comme militant que les rigoureuses années du MRC. Mais notre mouvement a vingt ans, que dis-je, il a 40 ans, 45 ans depuis les premières heures du CERES. Il en a vu d’autres, donc.

Mais aujourd’hui, en ce 6ème congrès du MRC, après avoir surmonté tant de difficultés, laissé quelques camarades sur le chemin, le MRC est là, riche de nouveaux adhérents et notamment de jeunes, prêt à continuer de jouer son rôle, ingrat parfois, exigeant mais, nous n’en doutons pas, utile, de boussole républicaine.

C’est la voie que nous a ouverte Jean-Pierre Chevènement. Poursuivons-là, chers camarades!